La performance n’est pas un vilain mot

Isabelle Inchauspe, fondatrice du cabinet de consulting C9, docteur en psychologie et coach a créé la méthode Inner approach (ne lui parlez pas de « préparation mentale », elle n’aime pas le terme). Forte de son expérience auprès de grands sportifs (Amélie Mauresmo, Tony Estanguet notamment), elle a développé une méthode fondée sur la compréhension de soi-même. Isabelle s’est prêtée au jeu des questions/réponse sur la performance. Pourquoi avons-nous ainsi interrogé Isabelle ? Tout simplement dans le cadre d’un projet pour lequel Khome assure la production et portant sur le concept de performance. Pour ce projet, Isabelle interviewe des personnes de milieux très divers (sport, entreprise…) et les amène à réfléchir sur ce thème. C’est après une de ces séances (passionnante) dans les bureaux de C9, dans l’hypercentre de Toulouse, qu’Isabelle a répondu à quelques questions.

Qu’est-ce que la méthode Inner approach ?

C’est une recherche de sens. C’est savoir être, oser être soi-même. C’est ainsi que l’on décuple son potentiel, que l’on ne subit plus notre environnement.

Comment s’envisage le métier de coach ?

Le travail de coach c’est de parvenir à faire vivre aux gens, pleinement, ce qu’ils ressentent dans la réalité du travail. Face aux contraintes, à la complexité de leur environnement professionnel. Ils peuvent alors orienter leurs choix, leur stratégie. L’essentiel est d’être en accord avec soi-même et de se réaliser. C’est chercher dans son intériorité la voie qui permettra de s’épanouir.

Mais alors, que se passe-t-il quand quelqu’un n’est pas en accord avec l’éthique ou les méthodes de son entreprise ?

Il la quitte.

Parler de performance peut parfois être considéré comme anxiogène…

Ici on n’assimile pas, bien au contraire, la performance avec la réussite ou la pression du résultat. La performance c’est le vécu de l’intériorité. Se réaliser soi-même. C’est un état que l’on n’atteint pas toujours, que l’on frôle. Mais quand on l’atteint, alors on libère toutes les potentialités.

Plus que des individus, ce sont les entreprises qui recherchent votre expertise, ont-elles toutes les mêmes demandes ?

Oui, même si c’est dans des contextes différents, des environnements différents. Au final, on en revient toujours à l’humain. C’est le matériau de base, fondamental, avec lequel travaille une entreprise.

Pourquoi ce programme autour de l’idée de la performance ?

L’idée était que des gens ont des qualités sans jamais le savoir ni s’en servir. Grâce à la télévision, on peut toucher ces personnes qui ont une véritable expérience, un savoir-faire et un savoir-être et les faire partager à un plus large public. L’objectif est de dire : ces individus au savoir de haut niveau ne sont pas différents du reste de la population. Ils sont parvenus à atteindre un certain niveau de performance, c’est tout. La télévision est le moyen parfait pour transmettre un savoir, pour toucher les gens.

Vous venez du milieu sportif, comment avez-vous fait la transition vers le monde de l’entreprise ?

Ce sont les entreprises elles-mêmes qui sont venues me chercher. Pas le contraire. Elles voulaient bénéficier de l’expertise acquise dans le sport de haut niveau sur la gestion du stress, la gestion des hommes etc. Un entraîneur n’est pas juste un technicien, c’est un manager.